Les départements formation-RH peuvent s’en inquiéter : les solutions RH ou les plateformes et les outils numériques de formation utilisés dans les entreprises françaises / européennes proviennent le plus souvent de leaders américains ou asiatiques. Un choix loin d’être neutre, car l'omniprésence de ces solutions soulève des interrogations cruciales sur la conformité réglementaire, la souveraineté numérique et l’indépendance technologique. Performantes pour la plupart (on n'en doute pas), ces plateformes pourraient toutefois avantageusement être remplacées par des alternatives européennes crédibles. Argumentation…
Pourquoi l’Europe, pourtant riche en innovations, dépend-elle d’acteurs étrangers pour former et développer ses talents ? « Made in France / in Europe », ce choix s'impose à toute entreprise qui veut reprendre le contrôle de ses données, et investir dans des solutions plus adaptées à leur réalité terrain. Accessoirement, il y va aussi de la consolidation de champions français / européens.
La souveraineté numérique : un nouveau cap pour la formation et les RH
Voilà déjà quelques années que la question de la souveraineté numérique s’impose progressivement comme un enjeu prioritaire en Europe. Renoncer à notre maîtrise des technologies numériques, c’est abandonner des pans entiers de notre autonomie stratégique. Cela vaut, bien sûr, pour la formation et la gestion des talents :
Enjeux de conformité : si les acteurs américains et asiatiques s’adaptent aux exigences du RGPD, la conformité totale est loin d’être garantie. La localisation des serveurs, la gestion des accès et le respect des données des collaborateurs, notamment, sont des sujets sensibles. De nombreuses plateformes américaines restent soumises au Cloud Act, qui permet aux autorités d’exiger l’accès à certaines données, même si elles sont hébergées en Europe. Une adaptation culturelle limitée : même si les géants de la formation proposent des versions localisées de leurs produits, ceux-ci restent conçus dans une logique anglo-saxonne / très globale, souvent éloignée des pratiques de formation, des cultures et des approches terrains qui prévalent « localement ». Les attentes des entreprises et des apprenants, les références pédagogiques varient sensiblement d’un pays à l’autre. Les acteurs européens incarnent habituellement au mieux ces spécificités. Une dépendance technologique risquée : en confiant l’intégralité de ses outils de formation et de gestion RH à des solutions non européennes, l’Europe réduit sa capacité à innover et à construire un écosystème puissant.
On retiendra ici qu’il ne s’agit aucunement de remettre en cause la qualité des solutions étrangères, mais d’ouvrir les yeux sur une réalité plus positive : nous avons, en Europe, des alternatives solides et innovantes.
Des solutions complètes et fonctionnelles sont accessibles en Europe
En effet, l’Europe a vu émerger des acteurs technologiques à même de rivaliser avec les acteurs américains et asiatiques, notamment en termes de fonctionnalités et d’expérience apprenant. L’essor du numérique qui s’est exprimé dans le sillage de la crise sanitaire de 2020 a donné naissance à un écosystème dynamique dont je retiendrai trois grandes caractéristiques. D’abord, la grande diversité d’acteurs spécialisés, qui procurent des approches alternatives aux plateformes globales, en se concentrant sur la qualité et l’adaptation aux contextes locaux ; comme nous l’avons déjà évoqué, contrairement aux outils généralistes, les solutions européennes sont conçues pour répondre aux réalités du marché du travail et des compétences européen, avec une meilleure prise en compte des langues, des usages et des exigences réglementaires sur place. Ensuite, le fort investissement en R&D aujourd’hui porté par de vraies pépites tech, en pleine croissance sur le marché des entreprises, et dont les innovations technologiques sont d’ores et déjà utilisées par des grands groupes internationaux. Last but not least, des solutions de formation européennes plus conformes aux réglementations européennes ; dans un contexte géopolitique mondial toujours plus complexe, de plus en plus d’entreprises cherchent à privilégier des solutions « Made in France / in Europe » pour garantir une conformité totale avec la RGPD et éviter les dépendances aux réglementations extra-européennes.
Un choix stratégique pour l’avenir
Face à ces enjeux, les entreprises françaises / européennes doivent prendre conscience du rôle clé qu’elles ont à jouer. Le marché est aujourd’hui composé d’acteurs performants proposant des alternatives crédibles aux solutions américaines ou asiatiques. Mais, leur développement et leur capacité à innover davantage dépend du soutien que les entreprises feront en choisissant le « Made in France / in Europe ». Dans la guerre technologique sans précédent que se mènent les géants américains, asiatiques et européens, choisir un outil de formation ou de gestion RH en français, c'est, pour les entreprises françaises et pour leurs fournisseurs armés de leur savoir-faire et de leur talents, gagner des chances de se faire une place sur le marché mondial.
Alors, mon espoir et ceux de l’EdTech française, c’est que les leaders de la formation et des ressources humaines en entreprise méditent sur ces questions : pourquoi dépendre de solutions étrangères quand l’innovation est à portée de main en France / en Europe ? Pourquoi ne pas favoriser des solutions qui garantissent une meilleure maîtrise des données, une plus grande conformité, et une adaptabilité culturelle parfaite ? Le choix n’est pas tant technologique que stratégique et éthique. Aujourd’hui, privilégier l'offre locale, c’est investir dans un avenir numérique plus indépendant, plus sécurisé et plus innovant ; c'est s’engager à soutenir la création de champions français et européens.
Êtes-vous prêts à faire ce choix ? (On peut en discuter).
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